Le saviez-vous ? Plus de 40 milliards de tonnes de sable sont utilisées chaque année pour des besoins variés, notamment dans le secteur de la construction. Nous utilisons, exploitons et épuisons cette ressource naturelle à grande vitesse. Mais sommes-nous conscients des conséquences écologiques et économiques que pourrait engendrer l’épuisement du sable ? Pourquoi le sable est-il si précieux et si prisé par différentes industries ? Explications.

Le sable, aussi précieux que le pétrole

Nous sommes conscients que le sable n’est pas une ressource infinie, mais nous continuons à l’épuiser à la vitesse grand V. Pour rappel, le sable est un ingrédient clé pour les verres, les panneaux solaires, les puces informatiques, les dentifrices et surtout, pour l’industrie pétrolière. En effet, plus de 1800 tonnes de sable sont utilisées pour un seul puits.

Mais ce n’est pas l’industrie la plus consommatrice de sable. L’industrie de la construction exploite et utilise le sable dans la plupart des constructions. Rappelons que le béton se compose de 2/3 de sable et d’1/3 d’eau et de ciment. Rien que pour construire une maison, il faut environ 200 tonnes de sable. Et pour 1 km d’autoroute, on compte plus de 30 000 tonnes de sable.

Si le secteur de la construction utilise de plus en plus de sable, c’est parce que les demandes de construction ont tout simplement augmenté. En 30 ans, la demande a augmenté de 360% et d’ici 2100, on devrait constater une augmentation de la population mondiale de 47%. Après, il y a aussi la construction de logements devenue très rentable. Les taux d’intéressement sont très bas et les prix de l’immobilier sont en pleine croissance.

Des pays très gros consommateurs de sable

La Chine

Parmi les pays les plus consommateurs de sable, on retrouve la Chine en première position. En 2 ans seulement, ce pays a consommé autant de ciment que les États-Unis en 100 ans. La production mondiale de sable a augmenté en même temps que la population de Beijing en 10 ans. Plus de 60% de la production mondiale est absorbée par la Chine.

Dubaï

En deuxième position, on retrouve Dubaï, là où le sable est utilisé pour la construction d’îles artificielles. Par exemple, Palm Islands qui compte plus de 150 millions de tonnes de sable et Burj Khalifa qui a nécessité plus de 45 700 tonnes de sable venant des plages australiennes. C’est d’ailleurs la plus grosse tour du monde. Sans oublier The World, soit ce projet de construction qui avait pour objectif de construire 300 îles artificielles. Le projet a été suspendu en 2008.

Singapour

Après la Chine et Dubaï, le pays le plus consommateur de sable est Singapour. Pour étendre son territoire, ce pays a besoin de sable. D’ici 2030, la cité-État compte s’étendre de 100 km2 supplémentaires. Le terre-plein a d’ailleurs été rendu possible via l’importation massive de sable de 3 pays, la Malaisie, le Cambodge et le Vietnam. Ces pays ont même du cessé toutes les activités d’exportation.

Qu’entrainera la disparition du sable ?

Les conséquences de la disparition du sable sont importantes. Si nous continuons à exploiter cette ressource, plus de 75% de nos plages disparaitront. D’ailleurs, en Floride, 9 plages sur 10 sont déjà en train de disparaitre et en Indonésie, plus de 24 îles ont déjà disparues. Une pénurie de sable est également très dangereuse pour l’agriculture. L’eau de la mer deviendra impropre à l’agriculture et les espaces sous-marines se retrouveront en danger. Cela veut aussi dire que la chaine alimentaire marine sera rompue.

Plus de sable, plus de touristes ! En cas de pénurie de sable, le secteur touristique sera fragilisé. Les zones littorales qui constituent plus de 80% du tourisme mondial seront directement affectées. Qui plus est, la disparition du sable entrainerait également l’instabilité des infrastructures. Les bâtiments, les ponts et les routes risquent de s’écrouler. Aussi, plus le sable devient rare est plus il attirera la mafia du sable, soit des voleurs de sable à travers le monde entier.

Quelles alternatives au sable ?

Afin de protéger cette précieuse ressource naturelle que l’on appelle le sable, il faut absolument se tourner vers des alternatives.

Le verre recyclé

Le verre recyclé a l’avantage d’être 14% moins cher que le béton. De plus, ce matériau est capable de réduire les émissions de CO2 de plus de 18%. Pour pouvoir être recyclé, le verre est broyé. On obtient alors du sable de verre pouvant être utilisé pour faire du béton ou du verre. Les gros morceaux servent à fabriquer du béton recyclé tandis que les plus petits à fabriquer du verre, tout simplement.

Le béton recyclé

Dans le secteur de la construction, le béton recyclé est de plus en plus utilisé. Le projet Recybéton est d’ailleurs en cours et devrait permettre à la France d’utiliser les matériaux recyclés issus des déconstructions. Une alternative très intéressante à la surexploitation de sable.

L’argile

L’autre alternative au sable est l’argile. Deux Français, David Hoffmann et Julien Blanchard ont trouvé le ciment trop polluant et ont voulu rendre l’argile aussi solide que le béton. Ils y sont parvenus et ont pu concevoir un argile 20 fois moins polluant que le béton. Ce matériau se veut également moins coûteux.

En conclusion

En plus du verre et du béton recyclé, on retrouve également la paille et le bois comme alternatives. Vous l’aurez compris, il existe des moyens de cesser la surexploitation du sable et de protéger ce que la Terre nous a offert. Pour cela, il nous faut cesser l’exploitation de cette ressource. Nous devons changer nos méthodes de construction et aller vers une industrie plus verte, moins consommatrice.

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